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Kaputt (extrait) – Les chevaux du lac Ladoga

Le troisième jour un énorme incendie flamba dans la forêt de Raikkola. Hommes, chevaux et arbres emprisonnés dans le cercle de feu criaient d’une manière affreuse. Les sissit* assiégeaient l’incendie, tiraient sur le mur de flammes et de fumée, empêchant toute sortie. Fous de terreur, les chevaux de l’artillerie soviétique — il y en avait près de mille — se lancèrent dans la fournaise et échappèrent aux flammes et aux mitrailleuses. Beaucoup périrent dans les flammes, mais la plupart parvinrent à atteindre la rive du lac et se jetèrent dans l’eau.

    Le lac, à cet endroit, est peu profond : pas plus de deux mètres, mais à une centaine de pas du rivage, le fond tombe à pic. Serrés dans cet espace réduit (à cet endroit le rivage s’incurve et forme un petite baie) entre l’eau profonde et la muraille de feu, tout tremblants de froid et de peur, les chevaux se groupèrent en tendant la tête hors de l’eau. Les plus proches de la rive, assaillis dans le dos par les flammes, se cabraient, montaient les uns sur les autres, essayant de se frayer un passage à coups de dents, à coups de sabots. Dans la fureur de la mêlée, ils furent pris par le gel.

Le vent du Nord survint pendant la nuit (le vent du Nord descend de la mer de Mourmansk, comme un Ange, en criant, et la terre meurt brusquement). Le froid devint terrible. Tout à coup, avec un son  vibrant de verre qu’on frappe, l’eau gela. La mer, les lacs, les fleuves gèlent brusquement, l’équilibre thermique se brisant d’un moment à l’autre. Même l’eau de mer s’arrête au milieu de l’air, devient une vague de grâce courbée et suspendue dans le vide.

    Le jour suivant, lorsque les premières patrouilles  de sissit, aux cheveux roussis, aux visages noir de fumée, s’avançant précautionneusement sur la cendre encore chaude à travers le bois carbonisé, arrivèrent au bord du lac, un effroyable et merveilleux spectacle s’offrit à leurs yeux. Le lac était comme une immense plaque de marbre blanc sur laquelle étaient posées des centaines et des centaines de têtes de chevaux. Les têtes semblaient coupées net au couperet. Seules, elles émergeaient de la croûte de glace. Toutes les têtes étaient tournées vers le rivage. Dans les yeux dilatés on voyait encore briller la terreur comme une flamme blanche. Près du rivage, un enchevêtrement de chevaux férocement cabrés émergeait de la prison de glace.

* sissit : éclaireurs et membres de la guérilla finlandaise.

Draco still does not like coming to this house, still does not like intruding on Potter’s domain, seeing the intimate details of his family, sometimes wishes Scorpius would find someone else to spend afternoons with. He doesn’t bring his son here often. He’s fourteen, after all, and can use the Floo by himself - Albus sure seems to come and go - but Draco is careful. He knows that given half a chance, he himself would have spent his adolescence wandering, and not within the safe walls of a trusted wizard. (When did Harry Potter become a trusted wizard?)

So he takes Scorpius though Side-Along Apparition to the little atrium outside the Potter house, and Scorpius knocks. Almost immediately, Albus - who looks too much like his father for Draco’s comfort - flings the door open. “Hey!” he says excitedly. “Come on in!” 

Scorpius follows, and the boys begin to talk excitedly. Draco plans to stay only a moment, to step into the study off the kitchen to tell Harry - or, hopefully, Ginevra - to send Scorpius home by Floo whenever he gets to be a bother, or by ten, whichever comes first. 

A sound stops him, though. 

A cold sound, an unnatural sound, a sound that Draco hasn’t heard in - twenty years? It digs at him, though, high and cold and Draco feels - he feels eighteen, cold, sick and watching frozen while the man he fears more than anything barks orders at a snake strong enough to kill him without the flick of anyone’s wand - he doesn’t dare turn around, doesn’t dare look at the Dark Lord, doesn’t dare stare directly into the sun - he is unarmed, his father is, too, what would happen if he - 

“Oh, hi, Mr. Malfoy,” Jamie Potter’s all-too-bright Weasley voice calls out from the parlor Draco has his back to. “Sorry to scare you, we were just practicing.” 

And he turns. There is no Dark Lord, no Nagini. Just the oldest Potter child and the youngest, both staring a snake too small to hunt a mouse. 

Of course

Of all the places to find his past, he should not be looking in the Potter home. He nods, briskly, and sets off towards the kitchen, wondering if he should mention to Potter just how creepy his children were acting…

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